L’histoire ordinaire de mes galères avec le monde du travail

Aujourd’hui j’écris cet article un peu à chaud, parce que cette semaine s’accumule plusieurs faits dans ma vie qui me font un peu réfléchir à mon parcours et ma situation actuelle. Je ne pense pas être la seule dans ce cas et beaucoup de personne doivent connaître bien pire. Alors peut-être que certaines se reconnaîtront dans ce que je vais écrire ou trouveront un peu de réconfort dans le fait de ne pas se sentir seul dans leur situation.

ATTENTION ! Je préviens que j’ai pas mal écris donc ça va être un peu long à lire alors si tu veux prends toi de quoi boire et manger et puis met toi de la crème solaire si tu es dehors  ^^

Les joies de l’apprentissage

Il faut déjà savoir que je n’ai jamais été une bête de scolarité !! J’ai eu tous mes diplômes du 1er coup mais toujours de justesse (10 est mon chiffre porte bonheur sans doute …) malgré mes nombreux efforts.  Alors partant de ce fait et me rendant compte que j’avais besoin de me bouger plutôt que passer mon temps dans une salle de classe, je me suis lancé dans l’apprentissage.

Tu travailles, tu vas un peu en cours et en 2 ans c’est plié. Bonjour le monde du travail !!!

Encore faut-il trouver un patron …. Trouver un patron qui te formera et ne se servira pas de toi comme femme de ménage, … Trouver un patron qui te traitera avec dignité …

Pendant 2 ans, j’ai été « formé » (dans les fait il ne m’a rien appris DU TOUT) moi et une autre apprentie par un type qui nous avait embauché pour avoir de la main d’œuvre pas chère, qui ne n’avait confiance en personne (même pas en ces employés titulaires) et qui prenait un malin plaisir à te rappeler que « nous n’étions rien, que nous ne servions à rien » et ça même devant des clients… (bon lui il était petit, chauve, moche et marié à une vrai con**sse mais c’est pas pour ça qu’on lui en parlait à longueur de journée …)

Au bout d’un an, je me demandais pourquoi j’avais choisi cette formation, pourquoi ce métier, à quoi je servais, si il n’avait finalement pas raison de me trouver inutile … J’étais jeune, en pleine formation professionnelle, en recherche de repères et de motivation pour mon avenir. Comme le reste de l’équipe, j’ai fini par faire une forme de déprime et à prendre des anxiolytiques … J’en suis arrivé à un point où j’ai pensé en finir … avec tout ! Parce que je me sentais prise au piège de ce contrat, de cette formation et que je ne voyais pas d’avenir pour quelqu’un comme moi, je ne voulais pas avoir à subir d’autres patrons comme lui  … Heureusement, j’ai eu de la chance (et je me suis fait une belle frayeur) et je suis toujours là !

J’ai finalement eu mon examen surtout grâce à mon travail en cours et pas du tout grâce à ma formation au sein de l’entreprise.

https://media0.giphy.com/media/7N0dxx0I8rxZe/200.gifMoi lorsque je suis parti de mon lieu d’apprentissage et que g dis au revoir à mon patron, prête à m’expliquer !!!! Ahah

Diplôme en poche, 1ers boulots et révélation

Ma formation professionnelle était presque inexistante et j’étais tellement échaudée par ma vision d’un patron que j’ai mis 4 mois à trouver mon 1er travail. Ma confiance en moi était telle que lors des entretiens j’avais tendance à me sous estimer et à mettre en avant ce que je n’avais pas acquis plutôt que ce que je maîtrisais. En plus, j’avais la trouille de retomber entre les griffe d’un patron inhumain.

C’est là que j’ai eu mon 1er contact avec Pole emploi (et leur plate forme vocale), plutôt correct même si il ne fallait pas compter sur eux pour me proposer du travail dans ma branche (faut pas trop en demander quand même).

J’ai donc décidé de basculer du côté hospitalier de mon travail. Les connaissances requises sont les mêmes mais le travail est totalement différent (les conditions aussi puisque les horaires et les salaires sont plus avantageux).

Ma chance a été que j’étais disponibles de suite et très mobile. J’ai réussi à décrocher mes 1ers boulot grâce à ça malgré mon manque d’expérience. Alors je ne vous raconte pas la pression que je me mettais au départ pensant que j’allais être nullissime (comme mon maître d’apprentissage me le rabâchait souvent), que les gens allait me jeter des pierres, que j’allais devoir aller vivre en ermite au fin fond des Pyrénées, et qu’un contrat allait être mis sur ma tête pour abattre l’inutile que j’étais.

Alors je me suis mis un peu la pression, j’étais hyper concentrée sur tout ce qu’on me disais (pour palier mon incompétence). En plus l’équipe était en sous effectif alors je devais gérer 2 ou 3 nouveaux poste pour moi à la fois en étant presque seule toute la journée…

Et là SURPRISE !! Dès les 1er jours, je reçois des compliments !!! DES COMPLIMENTS !!! Sur mon boulot !!! Tellement que je n’y croyais pas, j’avais du mal les prendre au sérieux … Et pourtant c’était unanime !

Je travaillais plus ou moins mais j’avais quand même besoin du chômage pour que mes revenus soit suffisant pour payer mes frais quotidiens (loyer, bouffe, et tout ce qui va avec …).

Je passe sur les détails mais ensuite, j’ai eu 2 autres remplacements toujours en milieu hospitalier. Et les réactions étaient toujours très positives ! J’ai pris confiance en moi, j’ai enfin compris quels étaient mes atouts et que je pouvais intéresser des employeurs ! Oui, MOI, l’apprentie inutile !!! J’ai compris que mon maître d’apprentissage n’était qu’un type aigri (oui en plus d’être petit chauve, tout ça …) qui trouvait son bonheur dans le fait de rabaisser les gens (un tocard en somme !).

https://media2.giphy.com/media/MGcPtfsD8L5Kw/200.gifAprès avoir reçu mes 1er compliments, un danse s’imposait

Mon boulot actuel, de l’espoir à la désillusion

Je travaille depuis 5 ans dans la même clinique. Je suis remplaçante donc en CDD.

Au fil du temps, je me suis formé et je suis devenu très polyvalente. Je suis la remplaçante la plus formée de toute celle qui ont travaillé dans ce service (mis à part les titulaires bien sûr). J’ai souvent dépanné au pied levé des absences imprévu, je fais 80km par jour pour travailler, je n’ai jamais fait de caprice sur mes horaires variables et parfois mes plannings surchargés pour remplacer 3 poste à la fois, je ne demande jamais d’aide et en général j’arrive à boucler mes journées seule en temps et en heure … Je ne me considère pas du tout comme une bête dans mon boulot mais je pense avoir fait mes preuves !

Mais depuis quelques temps, cette clinique a été racheté par un gros groupe qui n’a donc pas vraiment une politique salariale mais plutôt économique. Il n’y a donc plus que moi pour faire les remplacements au sein de mon service (alors qu’avant on était au moins 2) et les conditions imposées par le groupe pour accepter la présence d’un remplaçant font que mes périodes de travail deviennent de plus en plus courte et rare.

La plupart de mes collègues titulaires sont rentré dans cette clinique de la même façon que moi et ont été titularisé plus ou moins rapidement. Mais je crois que pour moi c’est rapé … Malgré le fait que nos nouveaux dirigeants souhaitent agrandir l’activité, ils tentent quand même de réduire les effectifs par tous les moyens.

Après 5 ans de bons et loyaux services, je crois que je vais devoir de nouveau me relancer dans la recherche d’emploi ou même une nouvelle formation …

Mon retour chez Pole emploi, mon grand amour !!!

Après avoir enchaîné 2 remplacements de congé maternité de un an chacun à temps complet, je me suis réinscrite au Pole emploi le 13 janvier.

Depuis je travaille plus ou moins et pas toujours à temps complet … et je aujourd’hui 28 mai, je n’ai toujours pas touché l’allocation chômage auquel j’ai droit !

Pourquoi ? Parce que la personne qui gère mon dossier n’arrivais pas calculer cette allocation et ne me l’a expliqué que 3 mois après mon inscription parce que je demandais à comprendre pourquoi je ne touchais toujours rien …

Pas de chance pour moi, je suis tombé sur une personne qui attendait que je lui trouve moi-même la solution … Malheureusement, je n’ai pas prévu de me reconvertir en conseillère Pole emploi ! Dommage, visiblement il y a des places à prendre !!!

Pour les offres d’emploi, la seule qu’il m’ont proposé pour le moment est dans le milieu où j’ai fait mon apprentissage (ça fait juste 5 ans que je ne fais plus ce genre de boulot) et encore plus loin que là où je travaille actuellement. Tout ça alors que j’ai bien précisé lors de mon entretien avec mon conseiller que je voulais rester en milieu hospitalier et que mes 80km que je fais par jour sont le maximum que je peux m’imposer (parfois c’est imite niveau fatigue sur la route alors je ne vais pas jouer avec le feu).

 

Voilà je vais m’arrêter là pour cet article ! Si tu es arrivé au bout, félicitation parce que j’ai écrit un vrai bon gros pavé ! J’en avais besoin et j’ai créé ce blog pour ça ! Pour me permettre de vider mon sac parfois, pour qu’il me serve de défouloir aussi ! Je ne veux pas me faire plaindre loin de là, il y a des gens dans des situations bien plus compliqué que moi mais je trouve qu’on en parle pas assez ! Parce que lorsque quelqu’un ne trouve pas de boulot dans l’esprit collectif c’est forcément il n’y met pas du sien, ou qu’il fait le difficile, ou qu’il veut vivre aux crochets de la société … Je trouve dommage de juger tout le monde de la même façon sans savoir et sans empathie.

N’hésitez pas à me faire part de vos expériences maintenant que je vous ai livré la mienne !

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4 réflexions sur “L’histoire ordinaire de mes galères avec le monde du travail

  1. J’ai lu jusqu’au bout ! 🙂 (les pavés c’est la vie ! :D)
    Bon plus sérieusement, ce que tu évoques : le petit chef frustré harceleur moral, les grosses boîtes qui font exécuter le travail par une seule personne au lieu de deux histoire de se faire le maximum de fric, les non-titularisations quand on a fait et refait ses preuves, les gens (complètement à côté de la plaque) qui jugent et stigmatisent les chômeurs..c’est devenu trop courant ces injustices donc ça m’énerve donc je me prononcerai pas là-dessus 🙂 (risque de pavé, sinon ;)).

    Je me demandais, étant donné que tu parles de clinique et d’hôpital si tu avais envisagé également la fonction publique hospitalière comme peut-être futur employeur ?

    Mis à part ça, je pense qu’il n’y a pas trop trop de souci à se faire sur ton avenir, vu ce que tu évoques au travers de ton texte – ce que j’y lis en tout cas – à savoir :
    – ta polyvalence,
    – ta capacité à gérer les situations d’urgence,
    – ton adaptabilité ainsi que
    – ta capacité à travailler en autonomie (ce qui implique notamment de pouvoir être responsable, de prendre des initiatives et des décisions rapides), avec donc ces atouts à faire valoir, nul doute que tu as toutes les cartes en main pour pouvoir rebondir facilement à terme, malgré ce temps de latence actuel.

    Donc…je te souhaite bon courage et pendant cette attente, je crois que le moteur de tout pour s’en sortir, c’est de bien garder en tête ce dont tu es capable, protéger l’estime de soi sans se dévaluer (parce qu’on a tendance à oublier la valeur de nos compétences à force de ne pas les pratiquer sur le terrain) (remarque d’ex-chômeuse, abonnée chronique aux remplacements en CDD :)).

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    • Je viens de lire ton commentaire et je voulais te remercier (bon déjà pour avoir lu TOUT mon pavé). Tu as tout à fait bien compris de quoi je parles et tu me exactement ce que j’ai tendance à oublier … que finalement ce n’est pas parce que je suis abonné au chômage que je ne vaut rien. A force de ne jamais se voir proposer de CDI ou de voir ces remplacement disparaitre, j’ai tendance à me dévaloriser et il me parait compliqué de trouver un boulot. Mis à part le fait que dans mon domaine d’activité et mon périmètre de vie j’ai un peu fait le tour et qu’il n’y a pas des tas de perspectives de création de poste. Pour la fonction publique, j’y ai pensé mais dans ma régions je n’aurais pas non plus beaucoup plus d’employeurs potentiel, c’est assez limité …
      Alors peut-être qu’il faudrait que je regarde enfin mes qualités en face et que je me lance dans une reconversion en ayant enfin confiance en mes capacités !

      En tout cas, ton commentaire m’a fait beaucoup de bien !

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      • Merci à toi d’avoir lu mon commentaire-pavé jusqu’au bout 😀 Et je suis contente si mon com’ précédent t’a fait du bien ! Je reviens ajouter quelques petits trucs :

        « finalement ce n’est pas parce que je suis abonnée au chômage que je ne vaux rien » : eh oui en effet, chômage et valeur personnelle n’ont en réalité aucun lien. Il y a des tas et des tas de gens formidables au plan humain et tout à fait capables au plan professionnel qui se retrouvent sans emploi à un moment donné (ou même à plusieurs moments donnés).

        Le chômage est un problème structurel, il est produit par la société elle-même, et certainement pas par les chômeurs dont la situation n’est que le résultat d’un défaut de fonctionnement global, au plan collectif (et même international de nos jours).
        Mais bon il y a une sorte de bourrage de crâne ancestral qui consiste à pointer du doigt toujours plus favorablement les « victimes » du système plutôt que de risquer de remettre en question tout ce système (c’est plus facile, plus accessible et plus économe en termes de confort), ce qui fait que les chômeurs se culpabilisent facilement de leur situation.

        Et le pire c’est que la plupart du temps, ce sont les gens les plus professionnels, les plus consciencieux dans le travail qui ont le plus tendance à se culpabiliser d’être au chômage. C’est comme si, une fois sans boulot, on retournait son énergie, son désir de faire et de bien faire contre soi, faute de pouvoir l’utiliser dans un job. On a l’énergie, l’envie d’être utilise qui tourne à vide, soudain. Autant tenter, entre deux lettres de motivation, de l’employer dans d’autres domaines que le travail, histoire que ça circule bien, qu’elle ne se transforme pas en énergie noire de l’autodénigrement.

        Donc oui, regarde bien tes qualités en face, c’est important 🙂
        D’ailleurs, en prenant ta phrase au sens littéral, ça me fait me rappeler que quand j’étais au chômage et avec l’estime de moi bien basse, je m’étais forcée à faire la liste de mes qualités/compétences et je les avais affichées sur mon mur au-dessus du bureau, comme ça à chaque fois que je levais la tête de mon écran, ça me faisait une gentille piqûre de rappel concernant ma « capabilité » que je n’osais pas voir.
        Je voyais mes qualités bien en face quoi 😉 Et finalement, à force de répétition, ça s’est enregistré dans mon esprit, ça m’a empêchée de sombrer pour de bon dans l’autoaccusation et le sentiment d’inutilité totale.

        Et oui aussi, tu peux avoir confiance en ta capacité à te reconvertir, surtout, je pense, vu ton profil « polyvalence & adaptabilité » : justement les remplacements, l’accumulation des CDD, si leur inconvénient majeur, c’est qu’ils ne t’ont pas offert la stabilité d’un CDI jusqu’ici, ils t’ont en tout cas servi de super entraînement de survie pour rebondir dans la vie et pour toute éventuelle reconversion pro, donc pas de raison de douter 🙂

        Tu peux le faire.

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